Le plafond du PEA classique est de 150 000 € de versements depuis l’ouverture. Il ne s’applique ni aux plus-values, ni aux dividendes réinvestis : votre plan peut valoir bien davantage sans enfreindre quoi que ce soit. Un majeur rattaché au foyer fiscal de ses parents est plafonné à 20 000 €. Si vous détenez aussi un PEA-PME, le cumul des deux enveloppes est limité à 225 000 €.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne prévoit aucune nouvelle hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital : le taux applicable au PEA reste 18,6 %, et 31,4 % en cas de retrait avant cinq ans. Les plafonds de versement sont inchangés (150 000 € pour le PEA, 225 000 € en cumul avec le PEA-PME, 20 000 € pour le PEA jeune), de même que les frais plafonnés par le décret n° 2020-95 du 5 février 2020. Le détail de nos contrôles est consigné sur la page de suivi des mises à jour.
Ce que le plafond compte, et ce qu’il ignore
C’est le point qui génère le plus de questions, alors autant le poser franchement : le plafond mesure ce que vous avez apporté, pas ce que vaut le plan.
Concrètement, il additionne les virements que vous effectuez vers le PEA depuis l’ouverture. Tout le reste lui échappe :
- les plus-values, réalisées ou latentes, ne consomment aucune capacité de versement ;
- les dividendes encaissés dans le plan et réinvestis non plus, puisqu’ils ne viennent pas de votre poche ;
- les intérêts éventuels des liquidités présentes sur le plan, pas davantage.
Un exemple rend la règle limpide. Vous versez 150 000 € sur quinze ans, le plan en vaut 380 000 € grâce aux marchés. Vous êtes au plafond de versements, mais votre PEA est parfaitement conforme, et il peut continuer à croître sans limite. Personne ne vous demandera de sortir quoi que ce soit.
Les plafonds en vigueur
| Enveloppe | Plafond de versements | Précision |
|---|---|---|
| PEA classique, bancaire ou assurance | 150 000 € | Par personne, un seul plan autorisé |
| PEA d’un majeur rattaché au foyer parental | 20 000 € | Le temps du rattachement fiscal |
| PEA-PME | 225 000 € | Si détenu seul, sans PEA classique |
| PEA classique et PEA-PME cumulés | 225 000 € au total | Le PEA classique reste borné à 150 000 € |
| Couple marié ou pacsé | 300 000 € | Deux plans distincts, 150 000 € chacun |
Ces montants sont stables depuis la loi Pacte et n’ont pas été modifiés en 2026. Ils ne sont pas indexés sur l’inflation : un plafond fixé en euros courants perd donc mécaniquement du pouvoir d’achat au fil des années.
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Combien pouvez-vous encore verser
Le calcul porte sur le cumul de vos versements depuis l’ouverture, jamais sur la valeur actuelle du plan. Reportez le montant que votre établissement indique sous l’intitulé « total des versements ».
Capacité de versement restante
Plafonds en vigueur en 2026 : 150 000 € sur le PEA classique, 225 000 € en cumul avec le PEA-PME.
Calcul indicatif. Seul le décompte de votre établissement fait foi. Le plafond porte sur les versements en numéraire depuis l’ouverture du plan, jamais sur sa valeur liquidative.
Le cas du couple
Le PEA est strictement individuel. Il n’existe pas de PEA joint, pas de PEA au nom d’un couple, et pas de plafond commun.
En pratique, un couple marié ou pacsé dispose donc de deux plans indépendants, chacun avec ses 150 000 € et sa propre ancienneté fiscale. C’est une capacité totale de 300 000 €, mais elle ne se transfère pas d’un conjoint à l’autre : si l’un a saturé son plan et l’autre pas, il n’y a aucun moyen de reporter la capacité inutilisée.
Le plafond réduit du majeur rattaché
Un majeur de 18 à 25 ans encore rattaché au foyer fiscal de ses parents peut ouvrir un PEA, avec un plafond ramené à 20 000 € tant que dure ce rattachement.
Ce plafond n’est pas un plan différent, c’est le même produit avec une limite temporaire. Une fois l’indépendance fiscale acquise, la capacité passe à 150 000 € automatiquement, sans démarche, sans changement de contrat, et surtout sans perdre l’ancienneté déjà acquise. Un plan ouvert à 19 ans pendant les études est donc mûr fiscalement à 24 ans, au moment précis où les premiers vrais revenus arrivent.
Le détail des offres adaptées à cette situation figure sur notre page PEA pour les 18-25 ans.
Le cumul avec le PEA-PME
Le PEA-PME est une enveloppe distincte, dédiée aux titres de petites et moyennes entreprises. Elle se cumule avec le PEA classique, mais pas librement.
La règle tient en deux lignes. Le PEA classique reste limité à 150 000 €. Le total des deux enveloppes ne peut pas dépasser 225 000 €. Autrement dit, si vous avez versé 150 000 € sur votre PEA, il vous reste 75 000 € de capacité sur le PEA-PME, et non 225 000 €.
Les acteurs qui distribuent encore cette enveloppe sont recensés sur notre page PEA-PME.
Pourquoi un retrait ne libère pas de place
C’est la deuxième confusion la plus fréquente, et elle coûte parfois cher en stratégie.
Après cinq ans, un retrait partiel ne ferme plus le plan et vous pouvez continuer à verser. Beaucoup en déduisent qu’un retrait « rend » de la capacité. Ce n’est pas le cas : le plafond s’apprécie sur le cumul des versements depuis l’ouverture, une donnée qui ne diminue jamais.
Si vous avez versé 150 000 € puis retiré 40 000 €, vos versements cumulés restent de 150 000 €. Vous êtes au plafond, et vous ne pouvez plus rien verser, même si le plan ne contient plus que 110 000 €.
Ce qui arrive en cas de dépassement
La sanction n’est pas une simple amende : le non-respect des conditions du plan, y compris un dépassement du plafond de versements, entraîne la clôture du PEA. Avec elle disparaît l’avantage fiscal, et les gains deviennent imposables selon l’ancienneté du plan au jour de la clôture.
En pratique, les établissements bloquent les versements qui feraient franchir la limite, ce qui rend le dépassement rare sur un plan unique. Le risque se concentre ailleurs :
- lorsqu’un PEA et un PEA-PME sont tenus par deux établissements différents, aucun des deux ne voit le cumul de 225 000 € ;
- lorsqu’un transfert entrant est mal repris et que le cumul des versements antérieurs n’est pas correctement transmis.
Si vous êtes dans l’un de ces cas, la vérification vous incombe. Une régularisation rapide, signalée d’elle-même à l’établissement, se traite généralement mieux qu’une anomalie découverte des années plus tard.
Où lire votre cumul de versements
Ne vous fiez pas à la valeur affichée sur votre tableau de bord, qui mêle apports et performance. L’information utile porte un autre nom.
- Sur le relevé annuel ou l’imprimé fiscal unique, cherchez la mention « total des versements » ou « montant cumulé des versements ».
- Dans l’espace client, elle apparaît souvent dans une rubrique « caractéristiques du plan », à côté de la date d’ouverture.
- En cas de doute, le service client la communique. Cette donnée doit être demandée, et conservée, avant tout transfert.
Que faire une fois au plafond
Arriver au plafond n’est pas un problème, c’est plutôt le signe que l’enveloppe a bien fonctionné. Le plan continue de capitaliser sans limite et son avantage fiscal reste entier. Restent trois pistes pour la suite :
- Laisser le PEA travailler. Vous ne versez plus, mais les gains continuent de s’accumuler à l’abri de l’impôt sur le revenu.
- Ouvrir un PEA-PME si votre profil s’y prête, dans la limite des 225 000 € cumulés.
- Basculer les versements suivants ailleurs, compte-titres ou assurance vie selon votre objectif, en gardant en tête que la fiscalité n’y est pas la même.
Les critères de choix entre ces enveloppes sont détaillés dans nos comparatifs PEA ou assurance vie et PEA ou compte-titres.