Le compte-titres ordinaire est imposé chaque année sur les dividendes encaissés et sur les plus-values réalisées, au taux de 31,4 % en 2026. Le PEA ne déclenche l’impôt qu’au retrait, et seulement 18,6 % après cinq ans. En contrepartie, le PEA est plafonné à 150 000 € et n’accepte que des actions et fonds européens éligibles. Le compte-titres ne se justifie fiscalement que pour ce que le PEA ne peut pas contenir.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne prévoit aucune nouvelle hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital : le taux applicable au PEA reste 18,6 %, et 31,4 % en cas de retrait avant cinq ans. Les plafonds de versement sont inchangés (150 000 € pour le PEA, 225 000 € en cumul avec le PEA-PME, 20 000 € pour le PEA jeune), de même que les frais plafonnés par le décret n° 2020-95 du 5 février 2020. Le détail de nos contrôles est consigné sur la page de suivi des mises à jour.
Le verdict en une page
| Critère | PEA | Compte-titres |
|---|---|---|
| Imposition en l’absence de retrait | Aucune | Chaque vente gagnante et chaque dividende |
| Taux sur les gains | 18,6 % après 5 ans | 31,4 % |
| Avant 5 ans | 31,4 % et clôture du plan | Sans objet, pas de durée |
| Plafond de versements | 150 000 € | Aucun |
| Univers d’investissement | Actions et fonds européens éligibles | Sans limite |
| Nombre de comptes | Un seul par personne | Autant que souhaité |
| Détention à plusieurs | Impossible | Compte joint possible |
| Imputation des pertes | Sur clôture uniquement | Chaque année, sur 10 ans |
Deux logiques d’imposition
La différence n’est pas une question de taux, c’est une question de moment.
Le compte-titres impose au fil de l’eau
Chaque année, vous êtes imposé sur ce que le compte a produit : les dividendes encaissés et les plus-values des titres que vous avez vendus. Le taux est le prélèvement forfaitaire unique, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux, 31,4 % au total depuis la hausse de la CSG au 1er janvier 2026. Vous pouvez opter pour le barème progressif, avec un abattement de 40 % sur les dividendes, ce qui n’est avantageux qu’en tranche basse.
Le PEA impose à la sortie
Rien n’est imposé tant que l’argent reste dans le plan, quel que soit le nombre d’arbitrages et de dividendes encaissés à l’intérieur. À la sortie après cinq ans, seuls les prélèvements sociaux de 18,6 % s’appliquent, et sur la seule part de gain contenue dans le retrait.
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Le frottement fiscal, le vrai sujet
Comparer 31,4 % à 18,6 % ne rend pas compte de l’écart réel, parce que l’essentiel se joue ailleurs : dans ce que l’impôt annuel empêche de produire.
Sur un compte-titres, chaque dividende encaissé est amputé d’un tiers avant d’être réinvesti. La somme prélevée quitte définitivement le portefeuille et ne produira jamais rien. Répété sur vingt ans, ce prélèvement récurrent ampute la capitalisation d’un montant sans commune mesure avec l’écart de taux facial.
Sur un PEA, ce même dividende est intégralement réinvesti et continue de travailler. C’est cette mécanique, plus que l’exonération finale, qui fait l’essentiel de l’avantage du plan.
Le coût du frottement fiscal, année après année
Sur un compte-titres, les dividendes sont imposés chaque année : la somme prélevée ne travaille plus. Sur un PEA, elle reste investie. Le calcul ci-dessous mesure ce que cet écart produit sur la durée, à performance identique.
PEA contre compte-titres sur la durée
Taux 2026 : PEA 18,6 % à la sortie, compte-titres 31,4 % chaque année sur les dividendes et à la sortie sur la plus-value.
PEA après 5 ans
Compte-titres ordinaire
Projection déterministe et simplifiée : performance constante, dividendes réinvestis, aucun arbitrage en cours de route, frais de courtage ignorés. Elle illustre un mécanisme, elle ne prévoit rien.
Ce que le compte-titres permet et que le PEA interdit
C’est la contrepartie, et elle est réelle. Le PEA n’accepte que des actions de sociétés ayant leur siège dans l’Union européenne ou l’Espace économique européen, et des fonds ou ETF respectant un quota d’actifs européens.
Le compte-titres, lui, n’a aucune restriction. Il est le seul moyen de détenir en direct :
- des actions américaines ou asiatiques en direct, ce que le PEA interdit ;
- des obligations, d’État comme d’entreprise ;
- des ETF non éligibles, y compris la plupart des ETF obligataires, sectoriels ou à effet de levier ;
- des produits dérivés, turbos, warrants et certificats ;
- des foncières cotées et une partie des supports immobiliers cotés.
Le sujet est développé sur notre page quel PEA pour investir en ETF.
Le traitement des pertes
Sur ce point précis, le compte-titres est plus souple, et c’est l’un de ses rares avantages fiscaux.
Sur un compte-titres, une moins-value réalisée s’impute immédiatement sur les plus-values de même nature de l’année, et le reliquat se reporte sur les dix années suivantes. Vous pouvez donc piloter vos ventes pour compenser gains et pertes au sein d’une même année.
Sur un PEA, aucune imputation n’est possible tant que le plan vit. Il faut le clôturer en moins-value pour constater la perte, laquelle devient alors imputable sur des plus-values de même nature dans les mêmes conditions. C’est une contrainte lourde, qui suppose de renoncer à l’enveloppe pour récupérer un avantage fiscal.
Ce qui se passe au décès
Les deux enveloppes se rejoignent largement sur ce terrain, ce qui surprend souvent.
Dans les deux cas, la plus-value latente accumulée est purgée : les héritiers reprennent les titres à leur valeur au jour du décès, sans impôt sur le revenu sur la hausse antérieure. Le PEA est clôturé et les titres basculent sur un compte-titres au nom des héritiers, le compte-titres est simplement transmis.
Dans les deux cas également, la valeur entre dans l’actif successoral et suit les droits de succession de droit commun. Ni l’un ni l’autre n’offre l’avantage propre à l’assurance vie.
Le détail figure dans notre guide du PEA en cas de décès.
Quel profil pour quelle enveloppe
| Votre situation | Plutôt | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vous investissez en ETF actions à long terme | PEA | Aucun frottement annuel, 18,6 % à la sortie |
| Vous voulez des actions américaines en direct | Compte-titres | Le PEA ne les accepte pas |
| Vous avez saturé les 150 000 € | Compte-titres | Aucun plafond |
| Vous voulez des obligations | Compte-titres | Inéligibles au PEA |
| Vous investissez à deux sur un même compte | Compte-titres | Le PEA est strictement individuel |
| Vous arbitrez souvent | PEA | Les arbitrages internes ne sont pas imposés |
L’ordre dans lequel les ouvrir
Il n’y a pas de choix exclusif à faire, et la plupart des portefeuilles construits sérieusement utilisent les deux. La logique la plus répandue tient en trois temps.
- Ouvrir le PEA en premier, même avec une somme modeste, pour lancer le compteur des cinq ans. C’est le seul élément irrattrapable de l’équation.
- Y loger la poche actions européennes et les ETF éligibles, jusqu’à saturation du plafond si votre capacité d’épargne le permet.
- Ouvrir un compte-titres pour le reste : ce qui n’est pas éligible, ce qui dépasse le plafond, ou ce qui exige une détention à deux.
Inverser cet ordre, c’est payer chaque année un impôt que le PEA aurait différé, et retarder d’autant la maturité fiscale du plan.