Sur la capitalisation en actions européennes, le PEA l’emporte nettement : après cinq ans, l’impôt sur le revenu disparaît et il ne reste que 18,6 % de prélèvements sociaux sur la part de gain retirée. Sur la transmission et sur la diversification hors actions, l’assurance vie est sans équivalent. Les deux enveloppes ne s’excluent pas, et la plupart des situations gagnent à les combiner plutôt qu’à trancher.
Le projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026, ne prévoit aucune nouvelle hausse des prélèvements sociaux sur les revenus du capital : le taux applicable au PEA reste 18,6 %, et 31,4 % en cas de retrait avant cinq ans. Les plafonds de versement sont inchangés (150 000 € pour le PEA, 225 000 € en cumul avec le PEA-PME, 20 000 € pour le PEA jeune), de même que les frais plafonnés par le décret n° 2020-95 du 5 février 2020. Le détail de nos contrôles est consigné sur la page de suivi des mises à jour.
Le verdict en une page
| Critère | PEA | Assurance vie |
|---|---|---|
| Impôt sur les gains à la sortie | Exonéré après 5 ans | 7,5 % après abattement à partir de 8 ans |
| Prélèvements sociaux | 18,6 % | 17,2 % |
| Abattement annuel sur les gains | Aucun | 4 600 € seul, 9 200 € en couple |
| Plafond de versements | 150 000 € | Aucun |
| Univers d’investissement | Actions et ETF éligibles | Fonds euros, unités de compte, immobilier |
| Capital garanti possible | Non | Oui, via le fonds en euros |
| Frais de gestion annuels | Faibles à nuls chez les courtiers | 0,5 à 1 % par an sur les unités de compte |
| Transmission | Aucun avantage propre | Abattement par bénéficiaire |
| Nombre par personne | Un seul | Autant que souhaité |
La fiscalité comparée, aux taux 2026
Le premier réflexe consiste à comparer des taux faciaux. C’est trompeur, parce que les deux enveloppes ne taxent pas la même chose au même moment.
Le PEA
Avant cinq ans, un retrait ferme le plan et le gain est taxé à 31,4 %. À partir de cinq ans, l’impôt sur le revenu disparaît totalement, et seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux s’appliquent, sur la seule part de gain contenue dans le retrait. Il n’existe aucun abattement.
L’assurance vie
Avant huit ans, les gains rachetés supportent 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux. À partir de huit ans, un abattement annuel de 4 600 € pour une personne seule, 9 200 € pour un couple, s’applique aux gains. Au-delà, l’impôt tombe à 7,5 % pour les gains issus de versements inférieurs à 150 000 €, tous contrats confondus, et reste à 12,8 % au-dessus. Les prélèvements sociaux de 17,2 % s’appliquent dès le premier euro, sans abattement.
Ce que ces règles impliquent en pratique : sur de petits retraits annuels, l’abattement de l’assurance vie peut absorber la totalité du gain et rendre l’opération quasiment gratuite. Sur des retraits importants, l’exonération du PEA reprend l’avantage.
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Comparez le coût fiscal d’un retrait
Le calcul compare ce que vous coûterait une sortie de même montant, dans une enveloppe mûre de chaque côté : PEA de plus de cinq ans, contrat d’assurance vie de plus de huit ans.
Coût fiscal comparé d’un retrait
Taux 2026 : PEA 18,6 % de prélèvements sociaux, assurance vie 17,2 % plus 7,5 % d’impôt après abattement.
PEA de plus de 5 ans
Assurance vie de plus de 8 ans
Calcul indicatif à supports et performance identiques, ce qui n’est jamais le cas en pratique. Il ignore les frais de gestion annuels, très différents d’une enveloppe à l’autre, et ne tient pas compte de la fiscalité successorale.
Ce que l’on peut mettre dedans
C’est probablement la différence la plus structurante, et elle est souvent traitée trop vite.
Le PEA n’accepte que des actions de sociétés européennes et des fonds ou ETF respectant un quota d’actifs européens. Vous ne pouvez pas y loger une action américaine en direct, ni une obligation, ni de l’immobilier. L’exposition aux marchés hors Europe passe par des ETF construits pour rester éligibles, ce qui fonctionne bien mais ajoute une couche technique.
L’assurance vie accepte à peu près tout : un fonds en euros à capital garanti, des unités de compte actions, obligataires, immobilières, parfois du non coté. C’est la seule des deux enveloppes qui permet de construire une allocation prudente ou diversifiée hors actions.
Les frais, l’angle mort du débat
Comparer les fiscalités en ignorant les frais mène souvent à la mauvaise conclusion, parce que l’écart de frais se paie chaque année alors que la fiscalité ne se paie qu’à la sortie.
Sur un PEA chez un courtier en ligne, les droits de garde sont fréquemment nuls et les frais d’ordre faibles. Un ETF logé dedans supporte ses seuls frais internes.
Sur une assurance vie, le même ETF supporte ses frais internes plus les frais de gestion du contrat sur les unités de compte, généralement entre 0,5 % et 1 % par an, prélevés sur l’encours quelle que soit la performance. Sur vingt ans, cet écart annuel pèse souvent plus lourd que la différence de fiscalité à la sortie.
Notre page les PEA les moins chers détaille les barèmes réellement pratiqués côté PEA.
Disponibilité de l’argent
Contrairement à une idée tenace, ni le PEA ni l’assurance vie ne bloquent votre argent. Les seuils de cinq et huit ans sont fiscaux, pas juridiques : vous pouvez retirer à tout moment dans les deux cas.
La différence porte sur le prix de la sortie anticipée. Sur un PEA de moins de cinq ans, un retrait ferme le plan et détruit l’ancienneté. Sur une assurance vie de moins de huit ans, un rachat coûte plus cher fiscalement mais ne ferme rien : le contrat continue, et son antériorité court toujours.
C’est un argument réel en faveur de l’assurance vie pour de l’épargne susceptible d’être mobilisée à moyen terme.
La transmission, l’avantage décisif de l’assurance vie
Sur ce terrain, il n’y a pas de match. L’assurance vie permet de désigner des bénéficiaires qui reçoivent le capital avec un régime propre, largement plus favorable que les droits de succession de droit commun, avec un abattement par bénéficiaire pour les versements effectués avant 70 ans.
Le PEA n’a rien de comparable. Au décès du titulaire, il est automatiquement clôturé. La plus-value latente est purgée d’impôt sur le revenu, mais les prélèvements sociaux restent dus, et la valeur entre dans l’actif successoral ordinaire.
Le détail figure dans notre guide du PEA en cas de décès.
Quel profil pour quelle enveloppe
| Votre situation | Plutôt | Pourquoi |
|---|---|---|
| Vous investissez en actions à long terme | PEA | Aucun frais de gestion annuel, impôt nul après 5 ans |
| Vous voulez une part de capital garanti | Assurance vie | Le fonds en euros n’existe pas dans un PEA |
| Vous avez plus de 150 000 € à placer | Les deux | Le PEA est plafonné, l’assurance vie non |
| Vous préparez une transmission | Assurance vie | Abattement par bénéficiaire |
| Vous aurez besoin des fonds sous 5 ans | Assurance vie | Un rachat ne ferme pas le contrat |
| Vous débutez avec quelques centaines d’euros | PEA | Frais plus bas, et l’ancienneté se prend tôt |
Les combiner plutôt que choisir
La question « PEA ou assurance vie » suppose un arbitrage qui n’existe pas vraiment. Rien n’interdit de détenir les deux, et l’ordre dans lequel on les ouvre compte plus que le choix lui-même.
Une logique fréquemment retenue consiste à ouvrir les deux tôt, avec des sommes modestes, pour lancer les deux horloges fiscales en parallèle. Le PEA prend date à cinq ans, l’assurance vie à huit. Ouvrir les deux à trente ans coûte quelques centaines d’euros et donne, à quarante, deux enveloppes matures dont l’une est plafonnée et l’autre pas.
Ensuite seulement vient la répartition : la poche actions dans le PEA jusqu’à saturation du plafond, le reste et la part prudente dans l’assurance vie.
Sources
- Service Public, fiscalité du PEA
- Service Public, prélèvements sociaux sur les revenus de placement
- impots.gouv.fr, l’assurance vie et le PEA