Le PEA n’accepte que des ETF respectant un quota d’actifs européens. L’exposition aux marchés mondiaux passe donc par des ETF à réplication synthétique, qui contournent la contrainte au prix d’un risque de contrepartie qu’il faut connaître. Côté courtier, le paramètre décisif n’est pas le pourcentage affiché mais le montant minimum par ordre : sur un versement de 200 €, un minimum de 2 € représente déjà 1 % de frais.
Trois mouvements d’offres depuis notre contrôle tarifaire du 31 août : BoursoMarkets change de partenaire le 5 octobre 2026 — Amundi devient exclusif, les ETF iShares (dont le WPEA) sortent de la gratuité à l’achat, l’offre monte à plus de 275 ETF dont 75 éligibles au PEA et le ticket minimum passe de 200 € à 100 € ; Fortuneo offre le courtage sur tous les ordres d’achat de 500 à 100 000 € d’une sélection d’ETF Amundi jusqu’au 31 décembre 2026 ; Bourse Direct a ouvert le prêt de titres au PEA le 30 septembre 2026. Côté fiscal, rien ne bouge : les prélèvements sociaux restent à 18,6 % et les ETF synthétiques demeurent éligibles au PEA. Le détail de nos contrôles est consigné sur la page de suivi des mises à jour.
Mise à jour du 7 octobre 2026 : sept offres ont été ajoutées au comparatif (N26, Monabanq, Shares, EasyBourse, Ramify, CCF et BRED Banque Populaire). Leurs fiches sont accessibles depuis le menu « Avis PEA » et détaillées dans le suivi des mises à jour.
Pourquoi les ETF et le PEA vont bien ensemble
Un ETF réplique passivement un indice. Il ne cherche pas à battre le marché, il le suit, ce qui lui permet d’afficher des frais internes très inférieurs à ceux d’un fonds géré activement : de l’ordre de 0,15 % à 0,40 % par an, contre 1,5 % à 2,5 % pour un fonds classique.
Placé dans un PEA, cet ETF bénéficie d’un second avantage : aucun événement fiscal tant que vous ne retirez rien. Les dividendes qu’il encaisse et réinvestit en interne ne sont pas imposés, et vos arbitrages non plus.
Le résultat est une enveloppe où la friction est réduite au minimum sur les deux tableaux, les frais et l’impôt. C’est ce qui en fait le véhicule de référence pour un investissement en actions à long terme depuis la France.
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Quels ETF sont éligibles au PEA
La règle tient à la composition du fonds, pas à sa nationalité ni à son émetteur. Pour être éligible, un ETF doit respecter un quota d’actifs émis par des sociétés européennes.
| Type d’exposition | Éligible au PEA | Comment |
|---|---|---|
| Actions européennes, zone euro, France | Oui | Réplication physique classique |
| Actions mondiales, américaines, émergentes | Oui | Uniquement en réplication synthétique |
| Obligations | Non | Inéligibles quelle que soit la construction |
| Matières premières, or | Non | Inéligibles |
| Immobilier coté hors quota | Non | Passer par un compte-titres |
En pratique, l’information figure sur la fiche produit de l’ETF, chez l’émetteur comme chez votre courtier, sous la mention « éligible PEA ». Un ordre portant sur un titre inéligible est de toute façon refusé à l’exécution.
La réplication synthétique, expliquée honnêtement
C’est le mécanisme qui permet de détenir un indice mondial dans un PEA, et il est rarement expliqué correctement.
Un ETF à réplication physique achète réellement les actions de l’indice. Un ETF à réplication synthétique, lui, détient un panier d’actions européennes, éligibles au PEA, et conclut avec une banque un contrat d’échange de performance : il reverse la performance du panier et reçoit celle de l’indice mondial visé.
Le résultat pour vous est identique à un ETF mondial classique, et le fonds reste éligible au plan. Deux contreparties méritent d’être connues.
- Le risque de contrepartie. Si la banque avec laquelle le contrat d’échange est conclu fait défaut, une partie de la performance peut être perdue. La réglementation encadre strictement ce risque, plafonné et collatéralisé, mais il n’est pas nul.
- Une couche d’opacité. Le panier détenu n’a rien à voir avec l’indice suivi, ce qui déroute quand on regarde la composition réelle du fonds.
Ce que votre versement mensuel coûte vraiment
Sur un versement automatisé, le montant fixe minimum par ordre pèse bien plus lourd que le pourcentage affiché. Le calcul rapporte les frais réels au montant investi.
Coût réel d’un versement programmé
Frais de courtage annuels plus frais internes du fonds, rapportés à ce que vous versez.
Calcul indicatif sur douze versements, frais internes appliqués à l’encours moyen de la première année. Il ignore les éventuels frais d’inactivité et de tenue de compte, à vérifier dans la brochure tarifaire.
Les critères qui comptent vraiment
Pour un investissement programmé, l’ordre d’importance des critères n’est pas celui qu’affichent les grilles tarifaires.
- Le minimum par ordre. C’est le poste numéro un sur des versements de quelques centaines d’euros. Un tarif en pourcentage sans plancher est toujours préférable à un forfait, à niveau égal.
- L’existence d’un plan d’investissement programmé. Certains acteurs proposent un mécanisme qui vire et achète automatiquement, parfois sans frais d’ordre. C’est le seul montage réellement automatique, et il change l’équation.
- Le catalogue d’ETF éligibles. Un courtier qui ne référence que quelques ETF PEA vous enferme dans ses choix. Vérifiez la présence des grandes gammes avant d’ouvrir.
- Les frais d’inactivité. Ils frappent précisément le profil qui investit peu souvent. Un forfait mensuel appliqué en dessous d’un ordre par mois annule tout avantage tarifaire.
- Les droits de garde. Nuls chez la plupart des courtiers, ils redeviennent décisifs à mesure que l’encours grossit.
Notre sélection
Le classement ci-dessous privilégie le coût d’un versement régulier et la largeur du catalogue éligible. Chaque fiche détaille la grille complète.
Notre top 5 ETF
Courtier polonais coté en bourse. PEA commercialisé en France depuis 2025 : 0 % de commission jusqu’à 100 000 € de volume mensuel.
Banque danoise, plateforme professionnelle, promo 2026 : 0 € de courtage sur 70 actions PEA pour nouveaux clients.
Première banque en ligne française, écosystème complet et app excellente. BoursoMarkets : ETF sans courtage à l’achat, dès 100 € d’ordre au 5 octobre 2026.
Banque en ligne du groupe Crédit Mutuel Arkéa. Bon équilibre entre courtage et services bancaires, zéro frais de garde.
Courtier français historique, tarification simple, frais bas sur petits et moyens ordres.
Pour comparer les barèmes poste par poste, voir notre page les PEA les moins chers.
Trois PEA 100 % ETF ajoutés au comparatif
Deux PEA ne proposent que des ETF éligibles, sans action en direct : N26 annonce 0 € de courtage mais ne publie pas le nombre d’ETF disponibles, et Shares en compte environ 60 selon ses propres chiffres, avec 0,2 % de courtage au-delà de 500 €. Ramify propose une allocation 100 % ETF en gestion conseillée, dès 5 000 €, mais sans publier la liste des ETF utilisés dans le PEA.
Néobanque allemande, PEA lancé le 30 septembre 2025 dans l’application. Courtage à 0 €, ETF éligibles uniquement pour l’instant.
Néo-courtier français, PEA 100 % ETF dans l’application. Courtage à 0,2 % au-delà de 500 €, sans droits de garde, ordre minimum de 100 €.
PEA en gestion conseillée 100 % ETF, dès 5 000 €. 1 % à 1,4 % de frais de gestion par an, 0 % de frais d’entrée et de sortie.
Capitalisant ou distribuant
Un ETF capitalisant réinvestit automatiquement les dividendes qu’il perçoit. Un ETF distribuant vous les verse en espèces sur le plan.
Dans un PEA, aucun des deux n’est imposé tant que l’argent reste dans l’enveloppe, ce qui rend le choix moins fiscal qu’ailleurs. Reste un argument pratique et un argument de coût.
- Le capitalisant évite un ordre. Les dividendes sont réinvestis en interne, sans que vous ayez à passer un achat, donc sans frais de courtage.
- Le distribuant laisse des liquidités dormantes si vous oubliez de les réinvestir, et chaque réinvestissement manuel coûte un ordre.
Pour un investisseur en phase d’accumulation, le capitalisant est presque toujours le choix le plus simple et le moins coûteux.
Les erreurs fréquentes
- Comparer les courtiers sur le seul pourcentage. Sur des petits versements, c’est le minimum par ordre qui décide.
- Multiplier les lignes. Cinq ETF qui se recouvrent coûtent cinq ordres par versement, sans diversification supplémentaire réelle.
- Verser trop souvent. Avec un minimum de 2 € par ordre, douze versements de 100 € coûtent deux fois plus cher que six versements de 200 €, pour un résultat comparable.
- Ignorer les frais internes. Un écart de 0,3 % par an sur le TER dépasse en général tout ce que vous gagnerez à négocier les frais d’ordre.
- Croire détenir des actions américaines. Dans un PEA, l’exposition mondiale est synthétique. Ce n’est pas un problème, mais mieux vaut le savoir.
Sources
- Service Public, plan d’épargne en actions et titres éligibles
- Brochures tarifaires officielles des établissements cités et documents d’information clés des fonds.