En gestion pilotée, vous signez un mandat : un gestionnaire choisit l’allocation et arbitre à votre place, selon un profil de risque défini à l’ouverture. Le service se facture chaque année sur l’encours, de l’ordre de 1,2 % à 1,6 % tout compris chez les acteurs spécialisés, contre 0,15 % à 0,40 % pour un ETF détenu en direct. L’offre est étroite : la plupart des établissements proposent la gestion pilotée sur assurance vie, beaucoup moins sur PEA. Le ticket d’entrée est souvent de 5 000 €.
Trois mouvements d’offres depuis notre contrôle tarifaire du 31 août : BoursoMarkets change de partenaire le 5 octobre 2026 — Amundi devient exclusif, les ETF iShares (dont le WPEA) sortent de la gratuité à l’achat, l’offre monte à plus de 275 ETF dont 75 éligibles au PEA et le ticket minimum passe de 200 € à 100 € ; Fortuneo offre le courtage sur tous les ordres d’achat de 500 à 100 000 € d’une sélection d’ETF Amundi jusqu’au 31 décembre 2026 ; Bourse Direct a ouvert le prêt de titres au PEA le 30 septembre 2026. Côté fiscal, rien ne bouge : les prélèvements sociaux restent à 18,6 % et les ETF synthétiques demeurent éligibles au PEA. Le détail de nos contrôles est consigné sur la page de suivi des mises à jour.
Ce qu’est réellement un mandat
La gestion pilotée n’est pas un produit, c’est une délégation. Vous répondez à un questionnaire qui détermine votre horizon et votre tolérance au risque, un profil vous est attribué, et le gestionnaire construit puis fait évoluer un portefeuille conforme à ce profil.
Trois conséquences pratiques en découlent.
- Vous ne choisissez pas les supports. C’est l’intérêt du service, et sa limite si vous avez des convictions propres.
- Les arbitrages sont faits sans vous prévenir, dans le cadre du mandat signé. À l’intérieur d’un PEA, ils ne déclenchent aucune imposition.
- Le profil de risque conditionne tout. Deux mandats pilotés chez le même acteur n’ont pas la même performance selon le profil retenu, et la comparaison entre acteurs n’a de sens qu’à profil équivalent.
La plupart des mandats pilotés sur PEA reposent aujourd’hui sur des ETF, souvent à réplication synthétique pour accéder aux marchés mondiaux tout en restant éligibles au plan.
Comment se décomposent les frais
C’est le point où les comparaisons dérapent le plus souvent, parce que les acteurs ne communiquent pas tous sur le même périmètre.
| Couche | Ce qu’elle rémunère | Ordre de grandeur annuel |
|---|---|---|
| Frais de mandat | Le pilotage et les arbitrages | 0,6 % à 1,0 % |
| Frais de l’enveloppe | La tenue du compte, les droits de garde | 0 % à 0,3 % |
| Frais internes des supports | Les ETF eux-mêmes | 0,15 % à 0,40 % |
| Total tout compris | 1,2 % à 1,6 % |
Votre PEA avec 0 % de commission chez XTB
Investissez dans plus de 1 200 actions et ETF éligibles au PEA, avec 0 % de commission jusqu’à 100 000 € de transactions par mois. Ordres possibles à partir de 10 €.
Découvrir le PEA XTB →Lien partenaire. Investir comporte un risque de perte en capital. Conditions applicables sur XTB.
Ce que la délégation vous coûte sur la durée
Le calcul compare, à performance brute identique, un mandat piloté et un portefeuille d’ETF géré soi-même. Il isole donc le seul effet des frais.
Coût de la gestion pilotée contre gestion libre
Performance brute supposée identique dans les deux cas, seuls les frais diffèrent.
Gestion pilotée
Gestion libre en ETF
Projection déterministe : performance brute constante et identique dans les deux cas. Une gestion pilotée qui ferait mieux ou moins bien que votre allocation changerait le résultat. Elle isole le coût des frais, rien d’autre.
Une offre plus étroite qu’il n’y paraît
C’est le point le plus mal compris du sujet, et il vaut la peine d’être dit clairement : la gestion pilotée est massivement distribuée sur l’assurance vie, beaucoup moins sur le PEA.
La raison est technique. Un mandat piloté a besoin d’un univers d’investissement large pour construire des profils prudents, avec des obligations et des supports monétaires. Or le PEA n’accepte ni obligations ni fonds monétaires. Un profil prudent y est donc difficile à construire, ce qui explique que la plupart des grands réseaux réservent leur offre pilotée à l’assurance vie.
Concrètement, les mandats pilotés réellement disponibles sur un PEA se comptent sur les doigts d’une main. Yomoni fait office de référence historique, avec des frais annoncés à 1,6 % tout compris et un ticket d’entrée de 5 000 €. Ramify s’est positionné en concurrent direct avec des frais annoncés plus bas, autour de 1,2 % tout compris, pour un ticket d’entrée comparable. Quelques banques en ligne proposent également une formule pilotée sur leur PEA.
Si la question de l’enveloppe se pose, notre comparatif PEA ou assurance vie détaille ce qui les sépare.
Ce qu’il faut vérifier avant de signer
- Le total des frais annuels, tout compris, mandat et supports inclus. C’est le seul chiffre comparable.
- Le ticket d’entrée et le versement minimum ultérieur, souvent 5 000 € à l’ouverture.
- La composition réelle des profils. Demandez la répartition type du profil qui vous serait attribué, pas seulement son nom commercial.
- Les performances passées, par profil et nettes de frais. Elles ne préjugent de rien, mais une communication qui ne les publie pas par profil doit alerter.
- Les conditions de sortie. Frais de sortie éventuels, délai de désinvestissement, possibilité de repasser en gestion libre sans clôturer le plan.
- La possibilité de transférer. Un PEA piloté reste un PEA : vérifiez qu’un transfert sortant est possible et à quel coût, dans la limite des 150 € légaux.
Pour qui la délégation a du sens
La question n’est pas de savoir si 1,4 % par an est cher dans l’absolu, mais si le service évite un coût supérieur.
| Votre situation | Plutôt |
|---|---|
| Vous ne voulez rien avoir à décider | Gestion pilotée |
| Vous vendez dès que les marchés baissent | Gestion pilotée, le cadre a de la valeur |
| Vous savez tenir un ETF large sans y toucher | Gestion libre |
| Vous avez moins de 5 000 € à placer | Gestion libre, faute de ticket d’entrée |
| Vous voulez piloter votre allocation | Gestion libre |
Le principal argument en faveur du mandat n’est pas financier, il est comportemental. Un investisseur qui liquide son portefeuille au plus bas perd davantage que 1,4 % par an. Si le cadre d’un mandat vous évite cette erreur, il est rentabilisé.
L’alternative en gestion libre
Un portefeuille composé d’un seul ETF large, alimenté régulièrement et laissé tranquille, reproduit l’essentiel de ce que fait un mandat piloté sur un profil dynamique, pour un coût cinq à dix fois inférieur.
Ce que vous perdez : l’ajustement du risque dans le temps, le rééquilibrage automatique, et l’accompagnement. Ce que vous gagnez : la différence de frais, qui se compose année après année.
Les critères de choix d’un courtier pour cette approche sont détaillés sur notre page quel PEA pour investir en ETF.
Sources
- Conditions tarifaires publiées par les acteurs de gestion pilotée cités, consultées pour la mise à jour de cette page.
- Service Public, plan d’épargne en actions et titres éligibles